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10.04.2003

Pizzicato     01/05/2003

Un très beau concert vocal pour clôturer les 'Rencontres musicales de la Vallée de l'Alzette' 

Campra et De Lalande par l'Ensemble Vocal du Luxembourg 

La deuxième édition des 'Rencontres de la Vallée de l'Alzette' a connu, tout au long de ses concerts, un succès mérité, soulignant nettement le bien-fondé de ce festival. 
Bien choisi, un magnifique concert vocal clôturait le cycle 2003 en l'Eglise de Lintgen, avec le Motet 'Notus in Judaea Deus' de Michel-Richard De Lalande et le Requiem de André Campra, avec cinq solistes, l'Ensemble Vocal du Luxembourg et le 'Concert Lorrain' sous la direction de Gaby Baltes. 
Composé vers 1695, écrit sous la forme d'un grand motet pour deux sopranos, haute-contre, ténor, baryton, chœur et orchestre, le Requiem de Campra est un vrai chef-d'œuvre de la musique baroque. La forme symétrique en fait une composition très équilibrée, malgré la variation des formations engagées et la richesse harmonique et rythmique. En l'absence de moments réellement dramatiques, ce sont ces contrastes qui caractérisent l'œuvre et qui ont été bien mis en évidence par Gaby Baltes. Si les passages sombres existent dans ce Requiem, Campra, composant l'œuvre lorsqu'il avait presque 60 ans, se montre très inspiré par l'espoir d'une résurrection. La musique en devient par moments carrément joyeuse et élégante. Réaliser l'amalgame de ce mélange de sentiments est la principale difficulté pour les interprètes, et à ce niveau, les musiciens réunis à Lintgen n'avaient rien à se reprocher. Ils nous touchaient autant avec une émotion profonde que par une légèreté qui ne niait nullement le sérieux ni le côté pathétique du propos. 
Malgré des voix féminines un brin trop fortes par rapport aux hommes, l'Ensemble vocal, bien préparé, fournit une interprétation convaincante avec un soin particulier des lignes mélodiques, tant dans le Motet de De Lalande que dans le Requiem. Le chœur me semblait davantage motivé que le 'Concert Lorrain' dont j'aurais souhaité une meilleure présence. Le quintette de solistes lui, manquait d'homogénéité. Si la soprano Mady Bonert et le haute-contre Jean-François Lombard étaient un peu faibles face aux autres solistes, le ténor Philippe Froeliger ne parvint pas à s'imposer à cause d'un nasillard. La merveilleuse Edwige Parat et le basse-baryton Benoît Arnould attiraient d'autant plus notre attention. Le timbre en or de la voix chaude et ronde d' Edwige Parat illuminait son chant, tandis que le jeune baryton Benoît Arnould nous séduisait avec une voix qui est puissante sans jamais grossir, flexible, bien focalisée, équilibrée et supportée par une technique de respiration sans faille. Le timbre en est des plus agréables, restant clair et souple dans le grave le plus noir et atteignant une belle luminosité dans les tessitures plus élevées. 
Malgré les quelques réserves, il faut souligner que nous avons assisté à un superbe concert que le nombreux public applaudit à juste titre très chaleureusement. 

 

Remy Franck