Pizzicato 15/11/2006
Concert vocal au Conservatoire de Luxembourg
Luxembourg - Strasbourg 1:0
L’Ensemble Vocal du Luxembourg interpréta un programme mémorable en première partie de soirée. Le concert ayant lieu au Conservatoire de Musique, Florent Stroesser et son ensemble saisirent l’occasion au vol et réunirent cinq compositeurs luxembourgeois qui avaient tissé des liens étroits avec cette institution. La plupart furent d’ailleurs présents à ce concert du 15 novembre.
'Ut queant laxis', de Pierre Nimax Jr, superposa un texte de Victor Hugo à un hymne du Moyen-Âge. Cette musique sembla convenir à l’Ensemble Vocal comme un gant. Il en fit ressortir la vivacité et la légèreté avec une excellente diction sur l’accompagnement discret d’Alain Wirth à l’orgue. Malheureusement, le récitant, Jean-François Wolff, s’exprima dans un micro beaucoup trop puissant pour l’acoustique de la salle qui détruisit l’équilibre entre le texte et la musique, ce qui brisa l’atmosphère à plusieurs reprises.
Création luxembourgeoise lumineuse et expressive, Ave Maria de Paul Kayser, suivit. La soprano Dorothea Winkel remplaça la soliste annoncée au pied levé et apporta son timbre pur et délicat à l’interprétation très travaillée de Florent Stroesser. Malgré le soutien de l’orgue, le chœur donna l’impression de chanter une partie très exigeante point de vue justesse. Les deux chansons d’Alain Nitschké, elles, furent conçues pour chœur a cappella. L’Ensemble vocal s’y sentit très à l’aise, y déployant un humour, une douceur de timbre et une vivacité qui s’accommodèrent volontiers des dissonances et autres écueils de la partition.
Les Three Songs de Roland Wiltgen tirèrent habilement parti des possibilités de l’Ensemble Vocal, poussant tout d’abord les chanteurs à élargir leur palette de nuances, avant de privilégier la voix parlée et le rythme par contraste avec la mélodie. Le troisième volet aborda un monde rêveur aux méandres délicats et priva curieusement cette œuvre d’un finale vraiment éclatant. Très attendu, 'Nambara Dang’ga', création mondiale de Johny Fritz, permit à Dorthea Winkel de briller superbement et à l’Ensemble Vocal de bien s’amuser dans ces pages à l’imagination fertile et aux effets aussi surprenants que virtuoses. Le public ne s’y trompa pas et applaudit chaleureusement les interprètes.
La seconde partie du concert fut entièrement dédiée au Chœur de Chambre de Strasbourg. Ce chœur mixte de 12 chanteurs démontra un timbre moins affiné que l’Ensemble Vocal, car les voix individuelles y percèrent avec plus ou moins de bonheur. De même, l’ensemble sembla moins exact, car chaque chanteur se comporta en soliste plutôt que d’accepter de se fondre dans le groupe. Ceci dit, certaines voix furent admirables, surtout parmi les sopranos, et le répertoire offert riche et varié, comportant plusieurs chansons très connues datant du XVIe siècle à nos jours. Parmi les œuvres les plus récentes, Georges Aperghis proposa une cohabitation de motifs attrayante mais un peu longue, tandis que Pascal Dusapin explora un aspect dramatique très intéressant. itb